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Maison de l’Ancêtre
Par : _naturehumaine
GRANDS PRIX DU DESIGN 19e édition
Distinctions
Discipline : Architecture
Catégories : Bâtiment résidentiel / Agrandissement d’une habitation : Certification or
Maison de l'Ancêtre
Située aux abords du boulevard Gouin, au cœur du village du Sault-au-Récollet dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, la Maison de l’Ancêtre constitue un rare témoin de l’architecture vernaculaire de la Nouvelle-France. Construite au début des années 1770 par François Dagenais, cette demeure modeste en pierre des champs, coiffée d’un toit à deux versants en tôle « à la canadienne » et ponctuée de lucarnes à pignon, évoque une silhouette simple et puissante, révélatrice de l’économie de moyens et de l’intelligence constructive de son époque.
Implantée sur un lot irrégulier d’environ 10 000 pieds carrés, la maison est en retrait et désaxée par rapport à la trame viaire. Entourée de maisons unifamiliales établies, la propriété se distingue par la présence d’arbres centenaires qui enveloppent le bâti et ancrent le site dans la mémoire du lieu. Après une transformation de style cottage anglais au début du XXe siècle, la restauration de 1981 a permis un retour à l’état d’origine, appelant aujourd’hui à une intervention humble, sobre et respectueuse.
L’ambition était double : conjuguer le nouveau et l’ancien à travers un dialogue respectueux, puis, composer une expérience spatiale qui permette de passer d’un univers enveloppant et protecteur de la maison ancestrale, à des espaces plus aérés, lumineux et largement ouverts sur le jardin. De cette intention découle un ensemble articulé en trois entités, soit, la Maison de l’Ancêtre, son agrandissement, et l’ancien garage requalifié. La maison conserve sa vocation domestique, tandis que les éléments d’époque, tels que l’âtre du foyer, les pièces de charpente exposées et la bassine de pierre sculptée, sont soigneusement préservés.
Implanté en retrait, l’agrandissement se déploie sur environ 1700 pieds carrés. Sa volumétrie assume une présence latérale discrète par un toit à deux versants perpendiculaires à celui de la maison tout en minimisant l’impact visuel depuis la rue. La stratégie d’implantation privilégie la préservation des façades patrimoniales et l’intégrité de la maçonnerie. L’ajout est ainsi positionné à l’arrière, relié à la maison par l’ouverture existante de sa porte secondaire, évitant tout démantèlement de pierre.
L’ensemble tripartite défini par les trois corps de bâtiment compose une cour intime. Des découpes angulaires pratiquées dans la masse de l’ajout orientent les vues vers le jardin et renforcent la présence de l’ancien. Une première découpe libère la vue sur la toiture de tôle « à la canadienne ». Puis, au rez‑de‑chaussée, une entaille dessine une terrasse, prolongeant l’espace habité vers l’extérieur.
La matérialité assoit la dualité du dialogue entre l’ancien et le contemporain, révélant et assumant leur différence. La texture brute de la pierre des champs contraste avec la sobriété monochrome de l’extension et place la maison ancestrale au cœur du site. L’approche vise à résonner sans pasticher, relier sans altérer et valoriser sans masquer.
Collaboration
Architecte : _naturehumaine
Crédit photo