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Aménagement du parc résilient Pierre-Bédard et des rues limitrophes
Par : BC2 | CIMA+ | Arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve
GRANDS PRIX DU DESIGN 19e édition
Distinctions
Discipline : Paysage & Territoires
Catégories : Architecture de paysage / Écologie & infrastructures vertes & bleues (site) : Certification or
L’aménagement du parc résilient Pierre-Bédard et de ses rues limitrophes transforme un secteur longtemps vulnérable aux fortes pluies en un paysage capable de protéger les résidences tout en enrichissant la vie de quartier. Situé dans une zone en cuvette, le site subissait des débordements répétés du réseau d’égouts lors d’épisodes pluvieux intenses. Les rues étaient inondées, l’eau s’accumulait rapidement et plusieurs résidences, notamment celles dont les garages sont en contrebas, faisaient face à des risques réels de refoulement. Le projet répond à cette situation critique par une idée claire : utiliser le parc comme espace de rétention temporaire pour détourner l’eau excédentaire avant qu’elle n’atteigne les habitations.
Cette réponse prend forme à l’échelle du quartier. Les rues Pierre-Bédard, Bossuet, Cadillac et Louis-Veuillot ont été reprofilées afin de mieux capter les eaux de surface, tandis qu’un réseau de noues végétalisées dirige l’eau de pluie vers un grand bassin aménagé au cœur du parc, que les précipitations soient faibles ou abondantes. Lors d’épisodes plus intenses, lorsque les conduites atteignent leur limite, l’eau excédentaire est évacuée directement dans le parc par une sortie aménagée à cet effet, plutôt que de refouler dans la rue et les sous-sols. Le projet donne ainsi forme au plus grand parc-éponge de Montréal, une infrastructure paysagère qui réduit concrètement les risques pour les résidences tout en assumant pleinement sa présence dans l’espace public.
Sa force tient à la manière dont cette fonction de protection devient une expérience de lieu. L’eau n’est pas cachée : elle est mise en valeur dès son arrivée dans le parc par un ouvrage de pierre formant une cascade vers le fond du bassin. Deux passerelles en acier permettent de franchir l’espace de manière sécuritaire, même lors d’événements pluviaux extrêmes, tout en observant ses transformations. Le bassin n’est plus un vide technique à contourner, mais un paysage en mouvement, lisible et habité.
La grande majorité du temps, cet espace demeure sec et pleinement accessible. Des rampes universelles mènent vers le fond du bassin, où se déploient un amphithéâtre, des aires de jeu libre et des espaces de pique-nique. Entouré d’arbres matures largement préservés, ce lieu en contrebas crée une ambiance enveloppante qui favorise la rencontre, la socialisation et l’appropriation quotidienne. Le projet protège ainsi un parc existant tout en bonifiant ses usages.
En conjuguant résilience, qualité d’expérience et requalification urbaine, le projet démontre qu’une réponse à un enjeu climatique majeur peut aussi devenir un levier de transformation positive pour le quartier. Il protège les habitations, révèle le rôle de l’eau dans le paysage et fait d’un parc existant un espace public plus fort, plus utile et plus rassembleur.
Collaboration
Architecture de paysage : BC2
Ingénierie : CIMA+
Urbaniste : Atelier Urbain
Architecture de paysage : Civiliti
Ingénierie : EXP
Ingénierie : IGF axiom
Crédit photo