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L’antre des Draveurs
Par : SGD A
GRANDS PRIX DU DESIGN 19e édition
Discipline : Architecture
Catégories : Bâtiment résidentiel / Maison privée — grand (> 185 m² / > 2 000 pi²) : Certification or
Catégories : Bâtiment résidentiel / Chalet & maison de campagne : Certification argent
Catégories : Autres catégories en architecture / Façade : Certification or
L’Antre des Draveurs
Portneuf
Il faut d’abord accepter de ralentir, pour entrer dans une histoire de silence et de sensations.
Pour comprendre L’Antre des Draveurs, il faut quitter la route asphaltée et s’enfoncer dans les bois de la région de Portneuf, là où la terre semble encore vibrer du passage des ouvriers forestiers et des troncs d’arbres transportés par les courants des rivières.
C’est là que le projet commence. Pas sur une table à dessin ou un ordinateur, mais dans une expérience, un lien physique avec le lieu. Parce que ce n’est pas simplement une résidence qu’il s’agit de concevoir, mais une architecture dictée par le terrain.
Tout commence par un sentier. La cliente fait découvrir à notre équipe de conception son terrain. Elle s'arrête devant des roches monolithiques qui semblent être les gardiennes du lieu. Ici, elle nous raconte cette connexion viscérale qui l'a poussée à acquérir ce morceau de forêt.
Le défi pour nous est clair : construire sans trahir la nature ni l’émotion qui l’habite. La réponse prend la forme d’une architecture organique qui refuse de dominer et privilégie une relation d’osmose avec le site.
Le projet se développe en trois volumes distincts répartis sur le site plutôt qu’en un volume massif. Les roches restent en place. Le sol conserve sa lecture. L’architecture se glisse entre les contraintes au lieu de les résoudre par la force.
Les volumes sont reliés par une passerelle qui accompagne et contourne le terrain plutôt que de chercher la ligne droite. Elle structure l’expérience du projet tout en permettant à chaque intervention de trouver sa juste place.
Certains espaces reposent sur des pilotis afin de permettre au couvert végétal de reprendre ses droits sous la résidence. Sous la maison, la vie continue : l'eau s'écoule, la mousse colonise l'ombre et la nature réintègre progressivement la base du bâtiment.
Un bois sombre enveloppe les volumes et permet à la résidence de se fondre dans la densité forestière. En contrepoint, l’acier Corten dialogue avec l’écorce des arbres, la terre et les teintes changeantes du paysage.
La fenestration et l’orientation des volumes sont pensées comme un système de cadrage du paysage. Les ouvertures captent le lac, la ligne de montagne et certaines percées dans la forêt, tout en préservant l’intimité des occupants.
À l’intérieur, le design agit comme le prolongement du paysage. Le salon s’ouvre largement sur le lac et la montagne, tandis que le bois sombre, les textures brutes et la lumière naturelle composent une atmosphère à la fois refuge et ouverture. Des poutres anciennes récupérées de l’ancien chalet viennent ancrer le projet dans une mémoire matérielle, créant un lien entre passé et présent.
Collaboration
Autre : SGD A
Entrepreneur général : Lortie Construction
Crédit photo