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Lantern House
Par : Leckie Studio Architecture + Design Inc
GRANDS PRIX DU DESIGN 18e édition
Discipline : Architecture
Catégories : Bâtiment résidentiel / Maison privée > 2 000 pi2 (> 185 m2) : Certification or
La maison se tient en conversation tranquille avec son environnement — une présence mesurée sous une canopée de chênes matures. C'est une architecture de retenue, qui écoute plutôt qu'elle n'impose : au rythme de la lumière tamisée, au jeu d'ombres sur les murs en stuc, à l'air qui circule entre les volumes. Située sur un vaste terrain urbain dans le Westside de Vancouver, la maison est un sanctuaire pour une jeune famille, un lieu conçu pour maintenir en équilibre le silence, l'ombre et la quiétude.
En son cœur, se trouve un vide central — une clairière dans la masse, comme une ouverture dans la canopée de la forêt — où la lumière se rassemble et s'infiltre dans les pièces environnantes. Cet espace sert à la fois de principe organisateur et d'ancrage atmosphérique. Autour de lui, les pièces s'agencent avec une apparente informalité, révélant progressivement une grille sous-jacente à neuf cases : une structure discrète plus ressentie que vue.
La palette de matériaux est limitée mais expressive. Le volume inférieur est ancré avec du stuc rugueux, capturant la lumière dans des textures mouvantes. Au-dessus, une dentelle de lattes de cèdre forme un écran semblable à une lanterne, modulant les vues et l'enclos. Des éléments en béton planche s'insèrent dans la masse, affirmant une présence tactile. Ces formes monolithiques glissent au-delà de l'enveloppe pour encadrer les vues, définir les seuils, et perturber silencieusement la symétrie.
De la rue, la maison est énigmatique. Le paysage est lâche, informel — un jardin sauvage de graminées et de fleurs sauvages indigènes. Une entrée en bois en retrait n'offre aucune vue à l'intérieur. Une bande de verre, voilée par l'écran de cèdre, évoque la vie à l'intérieur. Le mur de béton à l'ouest protège le bureau et le jardin latéral ; à l'arrière, un second volume définit l'alcôve isolée du coin repas.
À l'intérieur, le mouvement se déroule en séquence délibérée. Un vestibule sans fenêtre cède la place à un hall d'entrée doucement éclairé. Puis, l'espace principal s'ouvre — la lumière cascade du vide central, les ouvertures modulant la luminosité tout au long de la journée. Le salon renferme une station hi-fi dissimulée et une collection de disques, cachées derrière des panneaux coulissants blanchis à la chaux qui permettent à l'espace de passer de salle d'écoute à galerie silencieuse.
Les matériaux ont été choisis pour leur capacité à bien vieillir. Les sols en béton poli contrastent avec la chaleur du chêne blanc ; les murs blanchis à la chaux de couleur crème changent subtilement à la lumière. Un îlot de cuisine en grès ancre l'espace, faisant le lien entre le béton et le bois. Les détails en acier inoxydable sur mesure restent discrètement intégrés.
L'escalier marque une transition : la lumière diminue, la chaux se fonce. À l'étage, la lumière filtre à travers l'écran, projetant des ombres adoucies. Les chambres sont calmes et voilées, accordées au rythme lent de la journée. Cette progression lente vers l'obscurité culmine dans une salle de bain cachée — sans fenêtres, doublée de plâtre gris profond, éclairée uniquement par le haut.
En fin de compte, la maison n'est pas une question de forme, mais d'atmosphère. C'est une architecture de présence et de retrait, de quiétude et de lumière. Un vaisseau pour habiter — calme, généreux et accordé aux rituels de la vie quotidienne.
Collaboration
Architecte : Leckie Studio Architecture + Design Inc
Crédit photo