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Caserne 21
Par : Cimaise
GRANDS PRIX DU DESIGN 19e édition
Distinctions
Discipline : Architecture
Catégories : Bâtiment institutionnel, civique & éducatif / Gouvernemental & civique : Certification argent
Fruit d’un investissement inter municipalité rentable où vision à long terme, reconnaissance des besoins et sécurité des citoyens se rencontrent, la nouvelle caserne 21 de la Régie intermunicipale de service incendie de la Vallée-du-Richelieu, située à Beloeil, occupe un emplacement stratégique permettant de desservir six municipalités de la Montérégie, soit Mont-Saint-Hilaire, Saint-Basile-le-Grand, McMasterville, Otterburn Park, Saint-Mathieu-de-Beloeil et Beloeil.
Le bâtiment de 2 étages et d’environ 2 500 mètres carrés comprend un garage avec huit portes pour les véhicules d’intervention, un garage pour un bateau et sa remorque, deux salles de conférence et de formation, plusieurs espaces de rangement, des aires de vie pour les pompiers, un gymnase et une aire de décontamination. L’aménagement extérieur intègre des zones d’entrainement pour la désincarcération ainsi que des conteneurs pour simulation d’embrasement et formation.
Implantée sur un ancien dépôt à neige, la caserne 21 valorise un terrain déjà anthropisé plutôt que de consommer un nouveau site vierge. Le bâtiment s’organise comme une plaque robuste émergeant du paysage plat de la vallée du Saint‑Laurent, inspirée des silhouettes des collines montérégiennes, ancrant la caserne dans l’imaginaire géographique de la région, tout en traduisant symboliquement la stabilité et la vigilance associées au service incendie.
La volumétrie basse et allongée se plie pour intégrer les différents secteurs – garages, blocs de formation, administration, aires de vie – tout en affirmant, côté boulevard, une façade vitrée continue qui présente la caserne comme un équipement civique accessible et transparent. Par sa silhouette allongée et son volume qui semble suivre la ligne d’horizon, l’édifice dialogue avec la plaine agricole et les lointains reliefs, marquant l’entrée nord de Beloeil comme un repère civique contemporain. Fidèle à sa fonction de protection civile, la tour à boyau rappel un phare illuminé qui veille et rassure la population à la nuit tombée.
Le plan résulte d’un patient travail d’itérations pour concilier la géométrie irrégulière du site, les parcours d’intervention et les exigences de séparation entre zones propres et zones contaminées. Les flux ont été structurés en séquences : arrivée des véhicules et sortie rapide vers les artères régionales, circuits des pompiers entre vestiaires, zones de décontamination et garages, circulation publique contrôlée vers la salle de formation, et accès indépendants à l’administration de la Régie.
Ainsi, mutualiser les infrastructures et les ressources humaines réduit la redondance des casernes, limite l’empreinte globale de construction et optimise l’investissement public à l’échelle de la région. L’usage d’un site déjà transformé, la durabilité de l’enveloppe, la rationalisation fonctionnelle et la prise en compte explicite de la santé des travailleurs traduisent une vision élargie de l’environnement, où performance opérationnelle, qualité de vie et responsabilité territoriale sont indissociables.
Ainsi, la caserne 21 de la RISIVR se présente comme un modèle d’équipement public contemporain : une architecture sobre et robuste, profondément ancrée dans son contexte géographique, qui maximise un investissement intermunicipal tout en proposant un cadre de travail exemplaire pour les premiers répondants et une meilleure sécurité pour l’ensemble des citoyens desservis.
Collaboration
Architecte : Cimaise
Ingénierie : Pluritec
Ingénierie : Blondin Fortin Associés
Entrepreneur général : Construction Bâtiments Québec
Gestionnaire de projet : Consultec
Crédit photo